« Un bon communicant doit être ni trop extraverti ni trop introverti »

1953
naissance à Saint-Étienne-lès-Remiremont (88)

 

1987
conseiller auprès du président de Radio France, en charge de la communication et de la presse

 

1989
directeur adjoint chargé de la communication de l’Office d’annonces (ODA)

 

1990
directeur de la communication institutionnelle du groupe Pernod-Ricard

 

1999
directeur des affaires publiques et de la communication du groupe Pernod-Ricard

 

2000
DG du Centre d’études et de documentation du sucre (Cedus)

 

2007
directeur des relations extérieures

Claude Risac
Directeur des relations extérieures du groupe Casino (Saint-Étienne)

 

La communication, vocation ou hasard ?
« Plutôt un hasard. Mes études m’orientaient davantage vers les sciences humaines. Je suis entré à Radio France grâce à Philippe Caloni, un grand journaliste qui présentait la matinale sur France Musique. Il m’a proposé de produire des émissions. Ensuite, après quelques années à la production chez France Culture, France Musique et France Inter, je suis devenu conseiller auprès du président de Radio France. »

 

Votre meilleur coup de communication ?
« Le lancement de France Info en 1987. À l’époque c’était quelque chose de très nouveau. Il fallait donner aux gens l’habitude de l’écouter. Nous avons donc multiplié les opérations de communication dans les grandes villes de France. Pour l’anecdote, nous avions passé des partenariats avec des chaînes hôtelières pour que les postes de radio installés dans les chambres soient préréglés sur France Info. »

 

Votre plus gros flop ?
« Dans la relation avec certains journalistes de l’audiovisuel. Cela m’est arrivé de me faire piéger au début de ma carrière. Par exemple, quand je travaillais chez Pernod-Ricard, j’ai été interviewé par une boîte de production qui travaillait pour Arte sur un sujet concernant la consommation d’alcool. Ils m’ont interviewé pendant une heure et demie. Je n’aurais jamais dû accepter, car sur une telle durée on dit beaucoup de choses, et certaines peuvent être sorties de leur contexte. »

 

Peut-on faire de la communication toute sa vie ?
« Je ne pense pas. Car la communication, c’est avant tout des techniques. À l’usage, cela peut devenir répétitif. Par ailleurs, j’estime qu’il est bon dans la communication d’avoir à peu près l’âge de ses interlocuteurs. C’est pourquoi vers l’âge de 40 ans, je me suis orienté vers les relations extérieures. Ce n’est jamais répétitif et le champ d’action est plus vaste. »

 

Conseilleriez-vous votre métier à vos enfants ?
« Personnellement, je ne leur conseillerais pas la communication pure, car je trouve que c’est trop limité. De plus, le secteur est déjà encombré. »

 

Quel profil pour le communicant idéal ?
« Avant de bien connaître ses interlocuteurs extérieurs, il doit d’abord connaître son entreprise et son activité. Personnellement, je me suis toujours passionné pour les secteurs dans lesquels j’ai travaillé. Par conséquent, quelqu’un qui vient vers moi avec son Filofax en m’expliquant qu’il connaît tout Paris, je ne l’embauche pas. Un bon communicant ne doit pas être un extraverti total ni un introverti. Et puis, il doit aussi être fiable. »

 

La première chose que vous faites en arrivant au bureau ?
« Je serre la main de mes collaborateurs, et je lis la presse. En général, je commence même à la lire chez moi. Je suis un inconditionnel de la presse papier. J’aime lire Les Échos, Le Figaro, mais aussi La Tribune-Le Progrès ou L’Essor dont j’ai deux abonnements : un pour mon bureau de Saint-Étienne et un pour celui de Paris. Une fois que j’ai fait ma revue de presse, je me prépare un café. »

 

Où serez-vous dans cinq ans ?
« J’aimerais faire quelque chose qui capitalise sur tout le réseau et les rencontres que j’ai pu faire jusqu’à présent. S’occuper des relations extérieures, c’est un peu être le diplomate de l’entreprise. Or j’aime faire des rencontres, rapprocher les points de vue, établir le dialogue, trouver l’intérêt commun tout en respectant l’intérêt général. »

 

Si vous n’aviez pas fait de la com ?
« Je serais certainement psychosociologue des organisations dans le secteur de l’industrie. J’aurais pu également m’orienter vers l’ethnologie. »