« Et soudain le chef d’orchestre s’est effondré… »

1974
Naissance à Lyon

 

1998
Licence de lettres modernes à Lyon

 

2000
DESS communication, spécialité audit de communication à Bordeaux

 

2002
Responsable marketing de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon

 

2008
Directeur de la communication et du développement de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon

 

2010
Secrétaire général de l’Opéra de Saint-Étienne

 

2017
Directeur du fonds de dotation des Chartreux

David Camus
Directeur du Fonds de Dotation des Chartreux

 

La communication, vocation ou hasard ?
Ce n’est pas quelque chose que j’ai en moi depuis toujours. Même si la communication c’est d’abord être curieux et s’intéresser aux choses, ce qui est mon cas. Mais j’avais une perception superficielle de la communication. C’est une amie qui faisait des études de communication qui m’a ouvert des perspectives que je n’avais pas identifiées. Elle m’a fait découvrir toute la dimension stratégique qu’il peut y avoir.

 

Meilleur coup de communication ?
Sans hésiter l’opération « Fauteuil & Tribune » que nous avions lancée en 2003 entre l’Auditorium et l’Olympique Lyonnais. Pour 20 € on pouvait assister à un concert et à un match. C’était né d’une intuition, et j’étais persuadé de sa réussite. Mais il a fallu convaincre que le mariage entre la musique classique et le football était possible. C’était un bon coup au sens où nous avons surpris et que cela a beaucoup fait parler. C’est un succès populaire qui dure encore aujourd’hui.

 

Votre pire souvenir ?
Quand après 20 minutes de concert, le chef Terry Edwards s’est effondré, victime d’un malaise cardiaque. C’était à la Halle Tony-Garnier. L’orchestre et les choeurs se sont interrompus net. Il y avait un silence palpable dans la Halle. Une espèce de paralysie nous a tous saisis. Pendant que les services de secours prodiguaient des massages, il a fallu se mettre rapidement d’accord sur la façon d’informer le public. C’est là que j’ai ressenti l’importance de la communication interne avant la communication externe.

 

Quel regard portez-vous sur les jeunes communicants ?
Je les admire de vouloir faire leur métier avec rigueur et passion dans un contexte professionnel qui me semble de plus en plus précaire. Cela ne doit pas être facile d’arriver à montrer ses qualités professionnelles dans un secteur saturé. Par ailleurs, j’ai le sentiment que la communication est souvent comprise sous l’angle technique de la maîtrise d’outils, mais pas assez sous celui de la stratégie à élaborer. 

 

Quel est le profil du collaborateur idéal ?
C’est quelqu’un qui a envie de s’impliquer dans son travail et qui est capable de me pousser à m’interroger. Le communicant idéal c’est : 40 % de capacité d’analyse, 40 % d’intuition et de bon sens et 20 % de technique. 

 

Votre patron comprend-il quelque chose à la communication ?
Oui, le père Plessis est d’abord un visionnaire, mais qui sait faire partager sa vision de là où il veut mener l’institution qu’il dirige. C’est d’ailleurs un grand orateur. Mais je pense qu’il se méfie aussi des travers dans lesquels peut tomber la communication. 

 

Plutôt Diesel ou Ferrari ?
Diesel dans la mesure où c’est un moteur qu’on n’arrête plus une fois lancé. J’aime prendre le temps pour comprendre et avoir une analyse fine avant de lancer un plan de communication. Je préfère une 2 CV qui met du temps à démarrer, mais qui permet ensuite de faire une chouette promenade et d’aller partout.

 

Et si vous n’aviez pas fait de communication ?
Je pense que je serais devenu luthier ou comédien. Des métiers qui allient l’artistique et l’artisanal. On n’en est pas si loin que cela avec la communication : il faut sans cesse ajuster, convaincre et s’appuyer sur des créatifs.