Nathalie Garel
| Mute alors ! Ces transformations qui font de nous des mutants
Directrice du Développement Commercial chez Insign
le 19 Janvier 2018
Relations agences-annonceurs : nous mutons, mais cela doit-il entamer notre humanité ?

 

La transformation numérique nous fait courir un sprint et une course de fond en même temps. On s’adapte, on n’a pas d’autre choix. On apprend l’IA, le Machine Learning le Zéro UI, le transhumanisme, les algos, le context aware computing, le coreML...

 

Mais s’adapter émotionnellement est une autre histoire.

 

Il est urgent de rouvrir la vanne empathique pour supporter des mutations qui sont d’une violence extrême : les fractures humaines et sociales, les instabilités du monde, les désarrois des marchés qui s’écroulent, la fin des modèles historiques et l’émergence accélérée et constante de nouveaux modèles — bons et mauvais — la difficulté de créer de la valeur pérenne, l’impossibilité de se projeter même à 5 ans.

 

Nous savons faire preuve d’empathie quand nous parlons d’expérience utilisateur pour engager les clients de nos clients. Nous pouvons utiliser ce même carburant pour faire de l’UX avec nos propres clients.

Muter ne doit pas condamner l’émotion dans la relation.

 

Nos métiers se « scientifisent », nos relations se « data-drivenisent », notre mission de conseil s’est tellement « user-centricisée » qu’on peut être tenté de dédaigner notre instinct humain.

 

Aujourd’hui, pouvons-nous réellement dire que nous appliquons les règles du client -centric à nos clients annonceurs ? Mettons-nous le meilleur de nous-mêmes dans la relation ? Créons-nous les conditions pour qu’il y ait une raison d’être ensemble qui nous liera longtemps ?

Sommes-nous préoccupés de savoir si nos clients vont bien, si leur famille va bien ?

 

On ne reviendra pas en arrière, mais une empathie disparue entre un client et son agence, entre un manager et son équipe, conduit inévitablement à la fuite en avant, à la prédominance d’une relation distanciée, mue par la seule réactivité, donc forcément intranquille, au détriment d’une relation de fond, de don, sincère, généreuse, solidaire, qui construit un lien plus durable, plus essentiel, plus humain, un lien de confiance, un partage d’expérience bienveillant qui permet aussi de mieux se critiquer pour mieux progresser.

Aujourd’hui, il n’y a plus, dans la relation client-agence, celui qui sait et celui qui apprend. On apprend chacun de l’autre.

 

On travaille tous pour du résultat, mais c’est notre capacité à nous mettre à la place de l’autre qui apporte cette touche de merveilleux qui fait la préférence, qui fait qu’un client vous est attaché, se laisse accompagner, ne se positionne plus simplement comme « consommateur » d’une prestation tarifée, mais souhaite être votre « partner » pour longtemps.

 

Je constate l’évolution poétique des terminologies métiers: Chief Digital Officer, Data Scientist, Data Miner Analyst, Revenue Manager, Marketing Business analyst, Creative Technologist, etc.

Pourrions-nous imaginer donner un autre sens à CEO ?  Cool Empathic Organisation ? Great place to be !

 

À l’heure du tout « efficient », en attendant d’être broyés par Skynet, de subir la guerre des fake news ou un désastre écologique.

 

Pour 2018:

Je suis pour que nous vendions de l’expertise en créant gratuitement de l’attachement,

Je suis pour que nos clients aiment prendre des risques et ressentent de l’émotion,

Je suis pour que nous nous autorisions à être ensemble, attentifs et aimants, sensibles et savants, courageux et bienveillants.

 

Qui aime suive !