Sébastien Desbenoit
| Les messages cachés de la communication
Analyste et Designer chez ThinkInnovation
le 16 Mai 2014
3.0, le vent du futur.

Nous sommes en 2006. Le web 2.0 est à son apogée. Tim Berners-Lee, l'un des pères du web, est assailli de questions sur ce que sera le web 3.0. Pour lui, cette nouvelle « version » du web sera basée sur la sémantique. Dans ce que l'on appelle également le web des données, une photo, un texte ou une vidéo est plus qu'un contenu lisible par les visiteurs. C'est un ensemble d'informations exploitable par les sites. Ainsi, d'une phrase telle que « Alice aime les trains », un site web peut extraire l'information que le sujet (Alice) a une affinité (aime) pour l'objet (trains).

 

Lorsque la conférence mondiale du web (www) s'est tenue à Lyon en 2012, le web des données liées était un des sujets majeurs des discussions. Pourtant, il n'y avait aucune trace du terme web 3.0. 

 

Mais où est passé le 3.0 ?

Je l'ai retrouvé là où je ne l'attendais pas : 

  • Dans une invitation à un salon professionnel sur le tourisme 3.0   où était proposé des conférences n'ayant aucun lien avec la sémantique ; 

  • Dans le cahier des charges d'une entreprise qui me demandait un site institutionnel 3.0 ; 

  • Sur des sites d'agence 360 dégrées vantant leurs compétences ; 

  • Sur l'échafaudage de la Brioche Dorée de mon quartier annonçant une version 3.0 de son magasin. 

Au final, chaque personne utilisant le mot 3.0 possède sa propre définition. Il est devenu un synonyme de futur, d'avenir, d'innovation avec une connotation tape à l'œil. Une version qui commence à être bien trop vue pour garder un semblant de crédibilité. 

 

Pour faire un parallèle rapide, le qualificatif « 3.0 » est le nouveau « 2000 ». D'ailleurs, le groupe Optic 2000 songerait à changer de nom pour s'appeler Optic 3.0 !

 

Illustration par Megan Sheehan from TheNounProject