Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 13 Mars 2016
Le plus grand cimetière du monde

Les premiers adeptes de Facebook dans le monde commencent à disparaître. Un journaliste de Libération a ainsi calculé que 24 Français inscrits sur le réseau meurent chaque heure. 

Facebook sera bientôt une vaste nécropole.

 

Problème : on ne sait déjà plus que faire des comptes des défunts. Faut-il les fermer ? Sinon pendant combien d'années (siècles ?) faudra-t-il conserver ces immortels selfies qui font la fierté de leurs auteurs ? Qui donnera l'autorisation de fermeture si l’intéressé n’a pas laissé d’instructions ? Pourrons-nous transmettre nos amis par testament à nos proches — en admettant qu’ils en veuillent ?

 

Problème économique : le réseau a seulement dix ans et dans dix ans on y croisera plus de morts que de vivants. Ce qui risque de ruiner ce magnifique édifice : lorsque Facebook sera devenu le réseau des grabataires et des trépassés, gageons que les ados qui ont fait son succès fuiront vers des contrées moins funestes. 

 

À toute chose malheur est bon, voici que se profile un nouveau business : les pompes funèbres digitales. J'imagine qu'elles vendront des concessions perpétuelles, proposerons des embaumements dignes des momifications égyptiennes, suggérerons des commémorations annuelles (payantes commes les « messes pour les défunts »), sans compter les blogs d’outre-tombe et autres messageries instantanées avec l’au-delà.

 

Que de belles et fructueuses start-up cela nous prépare !