Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 29 Mai 2016
Faut-il restaurer la fresque d’Aubanel à la Confluence ?

 

La petite histoire de la publicité suit parfois des méandres inattendus.

 

En mai 1991, il y a 25 ans exactement, on inaugurait une fresque lumineuse couplée à une publicité à l’entrée sud de Lyon, en bord d’autoroute. Le mur pignon décoré par le peintre Jean-Philippe Aubanel avait fière allure, surtout la nuit quand l’ensemble était réduit à quelques linéaments de lumière.

 

Mais Lyon, pourtant ville de fresques et qui abrite le leader mondial des murs peints (Cité de la Création), n’a fait aucun cadeau à l’œuvre monumentale. Un quart de siècle plus tard, les néons ont été arrachés, la publicité démontée, le mur aveugle ne présente plus que des vestiges pisseux et les tags ont envahi la partie la plus accessible. 

 

C’était un afficheur (Alain Roudaut) qui avait eu l’idée de cette fresque couplée à une publicité. Un très juteux mécénat.

 

L’annonceur fut d’abord Monoprix pendant 6 ans. Les Cuisines Hygena suivirent, mais ne parvinrent jamais au terme de leur contrat de 6 ans : quatre ans plus tard, une loi interdisait toute forme de publicité à moins de 40 mètres d’une autoroute. 

 

Dix de trop pour Aubanel qui aurait pu s’écrier « L’A7 m’a tuer ». 

 

 

Restaurer Aubanel ?

 

Aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, cette portion d’autoroute vient d’être déclassée. 

 

 

La réglementation ne s’applique plus et Alain Roudaut rêve de réhabiliter Aubanel. D’autant qu’il aurait toujours des droits d’exploitation sur l’emplacement. Une restauration de l’œuvre ou une nouvelle création accompagnerait le renouveau d’un quartier qui est en pleine ébullition.

 

Car l’endroit va devenir une vitrine lyonnaise. D’une part, l’immense Halle Girard dont on voit le porche souligné de bleu la nuit va accueillir le siège local de la French Tech et sera bientôt envahie par une armée de jeunes-turcs du digital. 

 

D’autre part la maison patronale attenante, celle justement de la fresque, et dont la façade sur rue est assez belle, vient d’être rachetée par une personnalité lyonnaise : Vincent Carry, le fondateur des Nuits sonores.

 

L’intéressé qui ne sait sans doute rien des mésaventures de la fresque aujourd’hui oubliée, veut aménager sur 1 200 m2 un « hub créatif » où se croiseront les gens des médias, de la culture et de l’art.

 

Le vieil Aubanel, qui se plaît dans la compagnie des jeunes, y serait sûrement à son aise.