Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 24 Septembre 2017
Agences en fusac

 

 

Est-ce la fin des vaches maigres pour les opérateurs de fusions-acquisitions dans le monde des agences ? En tout cas, cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu l’occasion d’annoncer des opérations capitalistiques aussi marquantes. 

 

Au printemps, Acti avait ouvert le bal avec le rachat de C2iS. Le 6 septembre (InterMédia n° 1393), nous annoncions la prise de participation majoritaire du patron d’Adcom dans le capital de Nouveau Monde DDB sans très bien comprendre encore ce qui sortira de ce montage qui semble surtout financier dans l’immédiat.

Le rapprochement entre Altavia Saint-Étienne et Jetpulp (voir InterMédia n° 1395 du 20 septembre 2017) est d’une autre ampleur. La société stéphanoise qui est une plateforme faisant le lien entre les annonceurs et les imprimeurs génère un très gros business (46 M€ avec seulement 70 personnes). Cette année encore la société occupera la première place dans le poster des agences d’InterMédia (l’édition 2017 est en préparation).

Et Jetpulp qui est dirigée par un entrepreneur pressé — très pressé — frappe à la porte du Top 10. 

 

Sortie de crise ?

Depuis que j’observe le secteur de la communication, j’ai constaté qu’à chaque sortie de crise le marché se transformait totalement avec son lot de démembrements, de disparitions, de rachats, de regroupements…

Celle des années 90 avait sonné le glas des agences dites de publicité. Celle des années 2000 (éclatement de la bulle internet) avait paradoxalement marqué le vrai départ de la communication digitale.

J’ai dans l’idée que les actuels rapprochements d’agences sont les prémices d’une sortie de crise dont on peut se réjouir.

Mais peut-être pas tout le monde. Car les sociétés de petite taille, coincées entre des concurrents de plus en plus staffés et une multitude de nains sans frais de structure vont avoir du mal à tirer profit de cette relance économique qui s’annonce.

 

Même pas peur.

Pas de fusac pour Yann Geoffray et Guy Renaux, deux acteurs historiques de la photo publicitaire. Ce serait même plutôt l’inverse puisque, s’ils ont longtemps été associés, chacun développe seul sa propre structure désormais.

Mais on ne sépare pas comme cela les vieux couples. A l’âge où d’autres pensent à la retraite (Yann Geoffray a 57 ans), voire y sont déjà (Guy Renaux en a 70), ils ont cassé leur tirelire pour se faire construire des studios comme plus personne n’ose en édifier de nos jours.

Sur un terrain de 6 600 m2 à Chasse-sur-Rhône ils viennent de mettre en production des studios de 2 200 m2. Celui de Yann Geoffray notamment comporte un plateau ultramoderne pour photographier les mastodontes (il travaille pour Renault Trucks) dont il n’y a peut-être pas d’équivalent en France.

Reste maintenant à rentabiliser ces superbes équipements qui ont quand même coûté quelque 2,5 M€. 

Mais on dit que la chance sourit aux audacieux.