« La communication, ce n’est pas mon monde »

 2001 
rejoint le groupe Hewlett-Packard à Grenoble

 

 2010 
conseiller régional de Rhône-Alpes

 

 2011  
licencié pour avoir refusé de mettre en place un plan de délocalisation

 

 2014 AVRIL 
élu maire de Grenoble

 

 2014 NOVEMBRE 
non-renouvellement du contrat d’affichage

 

Éric Piolle
Maire de Grenoble

 

La fin du contrat JCDecaux, en 2014, traduit-elle votre rapport à la communication ?
C’était l’occasion de mettre en acte notre projet politique : la transformation de l’espace public en espace de rencontres et de projets. Nous avons eu 99,9 % de retours positifs de la part de la population. Les annonceurs nous ont dit qu’ils avaient d’autres canaux de communication à exploiter. Finalement, c’est comme l’arme nucléaire : si tout le monde se désarme en même temps, il n’y a plus de problème.

 

Est-ce que c’est votre meilleur coup de communication ?
Nous ne l’avons pas pensé comme tel. Nous avions pensé la réduction de la publicité sur l’espace public. En revanche, nous avons été surpris par l’ampleur qu’a prise cette affaire  dans les médias. 

 

Vous aviez pourtant fait la promotion de cette décision…
Nous avions fait un communiqué de presse, comme à chacune de nos actions. Rien de plus. La preuve : nous l’avions annoncé le jour de la finale de la coupe Davis, à laquelle j’assistais, à Lille. J’ai dû faire les interviews par téléphone toute la journée.

 

Un souvenir de communication raté ?
Sur un plateau de télévision, j’ai dit que j’allais revendre les caméras de vidéo surveillance e Grenoble, à Nice. C’était une boutade. Sauf que le lendemain, un 1er avril, France 3 réalise un micro-trottoir sur le sujet… Deux jours plus tard, l’information est reprise par France 2, qui n’avait pas compris que c’était une blague, et là tout s’emballe. 

 

Vous êtes considéré comme un bon communicant. Qui vous conseille ?
Je n’ai pas d’aide, autre que celle de mon équipe. La communication, ce n’est pas mon monde. Je viens de la sphère privée où on a du temps pour développer ses arguments, et où on s’adresse à des gens a priori intéressés. J’ai donc appris sur le tas à structurer ma pensée, mon vocabulaire, pour que mon message passe en 50 secondes. 

 

Que veut dire être un bon communicant pour un élu ?
L’objectif est de réussir à parler au plus grand nombre. Il faut donc avoir un goût pour cela. Pour un maire ancré dans la vie quotidienne, il faut diversifier les canaux de communication. On ne touche pas les mêmes personnes avec un tweet ou lorsqu’on est présent dans Le Dauphiné Libéré, ou sur une télévision nationale. 

 

Quelles relations entretenez-vous avec les journalistes ?
Je réponds aux demandes sur lesquelles j’ai quelque chose à dire. Je refuse par exemple de prendre la parole sur les faits divers. Je n’ai pas de méfiance, mais je ne cherche pas à développer d’intimité non plus. Je n’en ressens pas le besoin.

 

C’est important que Grenoble soit présente régulièrement dans les médias ?
La ville de Grenoble a besoin d’exposition nationale. Il faut donner à voir ce que nous faisons. Il se trouve que notre singularité politique intrigue. Nous sommes donc plus sollicités qu’une autre ville de la même taille. Tant mieux.

 

Quelle image voulez-vous donner à Grenoble ?
Grenoble avait une double image. Celle construite et véhiculée par les élus d’une ville high-tech, et celle d’une commune aux problèmes d’insécurité et de pollution. Nous cherchons à développer une image plus large de la ville. Notre capacité d’innovation vient du fait que les gens viennent de partout et se mélangent peut-être ici plus qu’ailleurs. Ils génèrent de l’innovation technique et sociale. C’est cela, et la richesse patrimoniale de Grenoble, que l’on a mis en avant lors de l’anniversaire des Jeux Olympiques.