« Quand Maviflex a été en difficulté, j’ai pris la parole contre l’avis des communicants »

 2000 
Devient dirigeante de Maviflex

 

 2009 
Élue présidente des FCE Lyon

 

 2010 
Ambassadrice Only Lyon

 

 2015 
Légion d’honneur

 

 2016 
Présidente FCE France

Anne-Sophie Panseri
Dirigeante de Maviflex et présidente des Femmes Chefs d’entreprise

 

Héritière ou entrepreneure ?
Les deux. J’ai commencé en tant que « fille de », puisque c’est mon grand-père qui avait créé l’entreprise en 1956. J’ai hérité de 30 % de la société par transmission de mon père, mais je suis devenue entrepreneure en prenant le risque de racheter 70 % des parts restantes. L’entreprise faisait 8 M€ de CA à l’époque.

 

Êtes-vous plutôt attirée par le marketing ou la communication ?
J’aime les deux pour leur complémentarité. J’ai commencé dans le groupe familial comme responsable communication et marketing. Quand j’ai pris la direction, je n’avais pas de service dédié, j’ai continué d’assurer ces missions pendant un certain temps. 

 

Le patron est-il le mieux placé pour gérer la communication ?
Pas toujours. Le regard extérieur est aussi important. C’est moi qui prends la parole à 80 % dans la presse, mais lorsqu’il s’agit de sujets liés spécifiquement à une fonction, je demande aux salariés concernés de prendre la parole.

 

Qui vous conseille ?
J’ai aujourd’hui un directeur marketing et une assistante. Je travaille par ailleurs avec des agences de communication pour les sites web, la presse, la documentation produits. Je ne donnerai pas de nom, c’est confidentiel.

 

Quelles qualités attendez-vous d’un directeur marketing ?
Beaucoup d’empathie, d’écoute des clients et des équipes. Beaucoup de présence sur le terrain et de sourcing autour des technos et du marketing différenciant. 

 

Quel regard portez-vous d’une façon générale sur les agences de communication ?
Plutôt positif. Elles représentent des expertises accompagnant la stratégie de l’entreprise. Cela signifie qu’il faut créer avec elles des relations humaines fortes et pérennes. Il est indispensable que l’agence connaisse bien l’entreprise et son histoire. Je change très peu d’agences sauf si elles ne se remettent pas en cause avec des ruptures technos sur lesquelles je souhaiterais prendre des risques de temps en temps. Cela m’est arrivé de quitter un prestataire parce qu’il freinait sur ces nouvelles technologies.

 

La communication, est-ce inné ou acquis ?
Sans doute un peu des deux. La prise de parole n’est pas facile, mais l’expérience donne de l’assurance et de l’aisance. J’ai été amenée à prendre de plus en plus la parole du fait de ma position de femme dans l’industrie qui m’a mise sur le devant de la scène, et de mon désir de m’impliquer avec les Femmes Chefs d’Entreprises que je préside.

 

Quelle est votre meilleure opération de communication ?
Nous avions créé en 2006 un événement pour l’inauguration de notre deuxième usine, alors que nous venions de demander à être placés en procédure de sauvegarde. La société était en difficulté, mais j’ai voulu prendre la parole de façon très affirmée. En transparence, j’ai expliqué à ce moment-là nos difficultés, que nous avions besoin de nos fournisseurs et clients pour passer ce moment difficile. Cela représentait une vraie prise de risque de communiquer. Je l’ai d’ailleurs fait contre l’avis de certains communicants. Je pense avoir fait le bon choix, car cela a été relayé massivement dans la presse et nous avons bénéficié d’une vague de solidarité importante.

 

Une campagne qui vous a marqué ?
J’aime les campagnes autour du sens donné au métier. Par exemple, j’avais apprécié les campagnes d’Intermarché avec les caissières. On voyait derrière elles la production, la livraison... On comprenait bien tous les enjeux. J’ai aussi aimé les dernières campagnes de La Vie Claire. Et en ce moment, j’adore celle de Bouygues avec le père puis le grand-père dansant avec un enfant.

 

Pour vous informer, quels médias utilisez-vous ?
Le Progrès, le Journal des Entreprises, Les Échos, Femmes ici et ailleurs… Beaucoup sur la tablette et le téléphone. Je consacre au moins une heure par jour à m’informer.